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Stratégie de fuite en avant

le 19 septembre 2019

Une stratégie dite de « fuite en avant » se caractérise par deux opérations simultanées :

  • de forts investissements pour augmenter la taille de l’outil industriel ;
  • de faibles marges pour conquérir des parts de marché et faire tourner l’outil de production.

Dans le cas d’une telle stratégie, nous pouvons observer que simultanément :

  • la rentabilité économique est faible, puisque de faibles marges provoquent que le résultat opérationnel soit faible, (REX/CA) ;
  • l’intensité capitalistique augmente, diminuant à l’inverse la rotation de l’actif économique (CA/Actif économique) par l’augmentation des investissements.

Par ailleurs, la faiblesse des résultats nets prévisionnels attendus, rend inévitable un recours à l’endettement, d’où de forts endettements.

En effet, les flux générés par l’exploitation sont insuffisants pour assurer l’autofinancement des nouveaux investissements, mais ils sont suffisants pour rembourser les dettes financières sollicitées.

Le recours à l’endettement, alors associé à un coût de la dette faible voire négatif en période d’inflation, peut gonfler alors la rentabilité des capitaux propres par le mécanisme de l’effet de levier.

La rentabilité des capitaux propres dans ce contexte particulier, peut donc être en croissance, mais par ailleurs on comprend bien que l’entreprise augmente son risque d’insolvabilité.

La finance entrepreneuriale est encore une fois un art bien sensible à manier avec précaution, car elle peut être dangereuse et réversible !

Issu du livre « Finance pour non-financiers» de Franck Nicolas, Edition Dunod.

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Pauline COMPERAT

Stratégie de fuite en avant