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Hausse des prix inflation

Le retour de l’inflation ? Une hausse des prix peut en cacher une autre

le 7 septembre 2018

 

L’indice des prix à la consommation a progressé dans l’ensemble de la Zone Euro.

« Eurostat », l’organisme en charge de la statistique officielle de l’Union Européenne a annoncé, le 17 août 2018 que l’indice des prix à la consommation avait progressé dans l’ensemble de la Zone Euro de + 2.1%, soit un niveau légèrement supérieur à l’objectif que se fixe la Banque Centrale Européenne (+2%).

Un retour de l’inflation ?

Il n’en fallait pas plus pour que l’on s’inquiète du retour de l’inflation, après avoir craint que l’Europe ne s’enfonce dans la déflation, il y a tout juste un an.

Mais après tout, est-ce vraiment le retour de l’inflation ? Attardons-nous sur la France. L’inflation a progressé en rythme annuel dans l’hexagone de + 2.3% (+ 0.2% d’écart par rapport à la Zone Euro dans sa globalité). Mais, pour porter un jugement plus nuancé, il faut aller un peu plus profond dans les données.

L’énergie responsable de la hausse du niveau général des prix

En faisant cet exercice, on s’aperçoit alors que cette poussée du niveau général des prix résulte essentiellement d’une forte accélération sur un an des prix de l’énergie et, dans une moindre mesure, de ceux du tabac. Sur un an, les prix de l’énergie ont grimpé en France de + 14.3% dont + 21.8% pour les produits pétroliers. Les prix du tabac ont augmenté quant à eux de + 16.8%.

Il n’en est pas de même des produits alimentaires dont la progression est de + 1.9%. Mais, car il y a toujours un « mais », les prix des « produits frais » ont progressé de 6.4%, ce qui est important (notamment « légumes frais » et « produits de la mer »). Toutefois, dans le même temps, les prix des produits de santé ont diminué de – 2.2%.

Comme on le voit, une hausse des prix peut en cacher une autre !

L’inflation “sous-jacente”

Comment faut-il raisonner ? Il faut analyser en inflation dite « sous-jacente », c’est-à-dire, déduction faite des produits dont les prix sont par essence volatiles. Si l’on accomplit cette démarche, l’inflation sur la France se ramène à 1.0% sur un an à la fin du mois de Juillet 2018, contre 2.3% pour tous les produits. Nous sommes encore éloignés de l’objectif que la BCE estime comme incontournable (ne pas dépasser 2%).

Quelle conclusion peut-on tirer de tout cela ? Il faut, en économie, relativiser les signaux que l’on vous envoie et essayer, dans la mesure du possible, de voir au-delà de l’apparence.

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Article rédigé par Michel TERNISIEN
Économiste et rédacteur pour Le Figaro et Les Echos

Marie TRAN

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